• Film: Justice League
  • Réalisé par: Zack Snyder
  • Produit par: DC Entertainment, Warner Bros, Atlas Entertainment, Dune Entertainment
  • Distributeur: Warner Bros. Pictures
  • Genre: Action, Science-fiction, Comics
  • Avec : Ben Affleck (Bruce Wayne/Batman) ; Gal Gadot (Diana Prince/Wonder Woman) ; Ezra Miller (Barry Allen/Flash) ; Jason Momoa (Arthur Curry/Aquaman) ; Ray Fisher (Victor Stone/Cyborg)

Synopsis : Après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne (inspiré par l’altruisme de Superman) sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, afin d’affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente la « Justice League », il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d’une attaque apocalyptique…


Un scénario sans surprise, mais cohérent !

L’histoire de ce film s’inscrit dans la continuité de Batman v. Superman : Dawn of Justice : face à la mort de l’homme d’acier, le monde est en proie à une invasion extraterrestre, que seule une union de super-héros peut arrêter. La structure de ce scénario est en effet très simpliste et ne déviera quasiment jamais de sa route. Il s’agit typiquement d’une adaptation de comics où un antagoniste veut détruire la Terre et l’équipe des protagonistes va lutter afin de battre cet ennemi.

En effet, il est très dommageable de constater que les raisons de cette invasion ne sont pas expliquées, hormis par la constatation enfantine du « Méchant envahir Planète, Gentils défendre Humains ». Steppenwolf n’est qu’un envahisseur affreusement classique, dont les motivations se résument à « dominer le monde » ! Les détails de l’intrigue viendront peut-être lors d’une version longue du film, mais si tel est le cas, il est anormal de ne pas découvrir cette dernière directement lors de la sortie en salle.

Batman Wonder Woman Flash

Cela étant dit, la simplicité du script est également une force, en comparaison avec d’autres films du genre. Il a été reproché à plusieurs univers partagés de ne pas assez se concentrer individuellement sur chaque aventure. Certaines personnes avaient même l’impression d’assister à des « bandes-annonces de deux heures » : Batman v. Superman en est un parfait exemple ! Le spectateur non-connaisseur peut se perdre entre les différentes histoires au sein d’un même film. Il est nécessaire d’établir un fil rouge scénaristique précis, avec un début, un milieu et une fin : le Marvel Cinematic Universe est assez efficace sur ce point.

Cela se ressent notamment avec le premier film Avengers où des super-héros, face à une menace extraterrestre, doivent se réunir afin de défendre la Terre. Ce scénario est simple pour le grand public, qui peut alors pleinement apprécier un film de super-héros. Des pistes scénaristiques liées à cet univers étendu sont évidemment présentes, mais elles ne prennent pas une trop grande importance et ne rendent pas la narration confuse : le cauchemar apocalyptique de Batman, situé en plein milieu du précédent film, avait déboussolé bon nombre de spectateurs.

Batman

Justice League : un montage trop rapide et une narration confuse ?

À l’heure où la majorité des films de super-héros possèdent une durée plutôt conséquente, Warner Bros. Pictures a surpris son monde lorsqu’il a été décidé que Justice League ne dépasserait pas les 2 heures (1 h 59, pour être exact). Beaucoup se sont alors exprimés sur les réseaux sociaux, affirmant qu’une telle décision était incompréhensible, au regard de la quantité d’objectifs que le film devait traiter : présenter l’antagoniste, expliquer le passé de 3 nouveaux personnages, s’intéresser aux conséquences de la mort de Superman…

Ces inquiétudes étaient parfaitement légitimes, car cela traduisait une panique de la part des producteurs ! Suicide Squad se trouvait dans la même situation et le résultat n’est pas glorieux : un scénario très mal écrit, accompagné par un montage qui va dans tous les sens, appuyant alors des changements de dernière minute afin de plaire au plus grand nombre.

Wonder Woman

Est-ce également le cas avec Justice League ? Le début du film pose très rapidement les bases de l’histoire, en raison d’un montage plutôt accéléré allant d’une scène à une autre sans de véritables pauses pour le spectateur. Ce sentiment est renforcé par le fait que plusieurs personnages apparaissent pour la première fois au sein de cet univers cinématographique.

Cependant, les dialogues suffisent à présenter ces nouveaux super-héros. En effet, le spectateur dispose de toutes les informations nécessaires afin de comprendre les aptitudes et motivations des protagonistes. S’il est regrettable de ne pas avoir détaillé plus précisément leurs origines, elles sont toutefois mentionnées, ainsi que leur situation personnelle au début de l’intrigue : ces éléments détermineront alors la raison pour laquelle chacun d’entre eux intègre cette ligue.

Là où la narration de Batman v. Superman souhaitait tout expliquer, allant jusqu’à perdre le spectateur, celle de Justice League possède une sensation d’inachevé mais se concentre sur l’essentiel et donne tous les éléments afin de comprendre les événements de ce film. Ici, le but n’est pas d’établir trois « origin stories » mais de les présenter, pour ensuite les développer à l’avenir au sein de cet univers. Après cette première partie de présentation assez rapide, le film se stabilise au niveau de son montage et sa narration, afin de focaliser sur l’esprit d’équipe de la « Justice League ».

Flash

Des super-héros attachants et une ambiance retrouvée !

Ce dernier point est justement le pilier central de ce film : sans un bon esprit d’équipe entre les super-héros, cette « ligue des justiciers » n’aurait aucun sens ! Tous les personnages possèdent leurs moments de grâce, que ce soit au niveau des dialogues et/ou des scènes d’action.

Ben Affleck interprète un Batman bien différent de celui que nous avons découvert lors du précédent film. De justicier solitaire et brisé par vingt années de combat, le spectateur assiste au retour du Chevalier Noir en tant que héros et leader de la « Justice League ». Le personnage est plus expressif et n’est absolument pas inutile face à une invasion extraterrestre (malgré sa condition d’être humain).

Afin de l’aider dans cette tâche, Wonder Woman n’est pas en reste : Gal Gadot est toujours aussi impressionnante et garde ce charisme de guerrière amazone. Son personnage et celui de Batman forment un duo vraiment complémentaire, en tant que « fondateurs » de la ligue.

Aquaman

Les nouveaux super-héros sont également intéressants : Flash, interprété par Ezra Miller, représente littéralement le public adorateur de comics. Étant l’un des plus jeunes de cette union, il découvre, en même temps que nous, tout cet univers. Ainsi, il peut être très enjoué, inquiet ou courageux… Cette diversité d’émotions lui permet d’être la source de plusieurs situations comiques. L’humour n’est en aucun cas forcé, car cela fait partie de sa personnalité : il n’hésite pas à se manifester et dire ce qu’il pense.

Aquaman est l’une des surprises de ce film, car il possède un fort potentiel ! Jason Momoa a surement eu autant de plaisir à faire ce film, que son personnage à faire partie de la « Justice League ». À la fois charismatique et honnête, ce personnage semble avoir une histoire plutôt intéressante… Si certaines pistes sont abordées, son passé n’est que (trop) peu traité : c’est un point assez dommageable tant l’on ressent tout un univers autour de ce personnage !

Le dernier super-héros à rejoindre la ligue n’est autre que Viktor Stone, autrement appelé « Cyborg ». Étant victime d’un accident et « reconstruit » à l’aide d’une technologie extraterrestre, le spectateur va le découvrir au début de sa nouvelle vie. Il possède un état d’esprit vraiment différent de ses compères et ne tombera pas dans le stéréotype de « l’homme ou la machine » : il garde sa personnalité et se demande ce qu’il doit faire, ce que Ray Fisher arrive bien à retranscrire à l’écran.

Cyborg

Tous ces protagonistes forment une équipe complémentaire et efficace. Mais le point le plus important est que le spectateur ressent cet « esprit héroïque » qu’ils dégagent ! L’ambiance de Batman v. Superman était l’une des principaux reproches du public : avec Justice League, le spectateur retrouve l’atmosphère iconique des films de super-héros d’antan ! Tel l’équipe des Avengers, l’on ressent un attachement pour ces personnages qui représentent un espoir pour l’humanité.

Un long-métrage visuellement inconsistant et musicalement inexistant ?

Il va sans dire que la production de ce film a connu plusieurs difficultés, notamment en début d’année lors du départ de son réalisateur Zack Snyder (qui devait également réaliser la suite). Josh Whedon se chargea de terminer le montage et beaucoup de personnes se demandaient si le film allait perdre son identité visuelle, au profit d’un « produit standard ».

Si certains choix esthétiques peuvent lui être attribués, la mise en scène est clairement celle de Zack Snyder : depuis Man of Steel, il a toujours su comment retranscrire la puissance de ces méta-humains. Chaque personnage possède son moment de gloire et quoi de mieux que des ralentis afin de les souligner. Ce procédé rappelle fortement les pages d’un comics et permet au spectateur d’apprécier la scène. Si la majorité des effets spéciaux sont efficaces, il est évident que la qualité de ces derniers chute lors de certains plans. Ils ne sont pas immondes au point de casser l’immersion du spectateur, mais ils restent visibles.

À noter que des images du film circulent sur Internet et qu’il est évident que prendre une photo dans une salle de cinéma dégrade encore plus les plans en question.

Le dernier point à aborder concerne la composition musicale du film. Malheureusement, bien qu’intéressante, elle ne reste pas en mémoire après visionnage. Des clins d’oeil musicaux feront frissonner quiconque aurait vécu durant les années 1990, mais hormis cela, aucun thème ne reste véritablement en tête…

Justice League

Justice League n’est en aucun cas un film parfait : le scénario est basique, Steppenwolf est aussi menaçant que le pire antagoniste de l’écurie Marvel et le montage est assez rapide. Ce film est à nouveau victime de la frilosité de ses producteurs et cela est vraiment dommageable. L’on ressent clairement une certaine panique à force de vouloir satisfaire tout le monde et cela au détriment du film originel.

Cependant Justice League mérite-t-il d’être qualifié de « ratage complet » ? Absolument pas : en comparaison avec d’autres films du genre, ses scènes d’action sont épiques et l’ambiance « super-héroïque » est aussi efficace que celle du premier « Avengers » !