Il y a parfois des séries qui ne prétendent à rien, qui ne sont là simplement que parce qu’elles sont le fruit d’une idée, d’une volonté de mettre en scène une histoire sans revendication quelconque, une production pour laquelle nous n’aurons comme seule attente que le temps qui passe jusqu’à la prochaine saison. Love, c’est un peu tout ça. Je me souviens avoir commencé la première saison parce que le nom de Judd Apatow apportait une plus-value. Mais je n’avais jamais entendu parler de la série avant. Et en tant que fan incontesté de la génération qu’il a créée avec Franco, Rogen, Cera, Hill, Siegel et j’en passe, je me devais, je lui devais, de regarder quelques épisodes. J’ai alors enchaîné, totalement sous le charme de la première saison.

Puis les informations concernant une possible saison 2 se faisaient rares et je m’inquiétais de ne pas voir les aventures de Gus et Mickey se poursuivre. Mais il y a quelques mois, une bande-annonce pour la saison 2 est sortie et ma joie était immense ! Gus et Mickey étaient de retour et je ne pouvais qu’attendre impatiemment le retour de leurs aventures.

Une saison  centrée sur le développement des personnages

Judd Apatow a fait le choix audacieux de reprendre la seconde saison directement à la suite de la première. Et déjà, la deuxième saison commençait pour moi avec une excellente idée d’écriture. Car là où bien des séries se seraient servi d’un saut temporel pour nous présenter les personnages 1 ou 2 mois plus tard, le créateur de Freaks and Geeks a fait le choix de reprendre là où nous nous étions arrêtés.

Je vois ce choix comme un aveu pour nous faire comprendre qu’une saison ne suffisait pas pour nous raconter l’histoire de Gus et Mickey. Mais également pour que le spectateur garde cette connexion avec les deux personnages et soit encore plus attaché émotionnellement à eux. Parce que si saut temporel il y aurait eu, le spectateur se serait senti désinvesti car nous connaissons Gus et Mickey depuis autant de temps qu’ils se connaissent l’un et l’autre.

L’écriture de cette deuxième saison donne l’opportunité de traiter les personnages en profondeur. Et c’est bien écrit et avec passion. Les personnages sont attachants de par leurs problèmes et leur réalisme.

Parce que là où Love se distingue des autres séries, ce n’est pas par sa réalisation qui est en somme classique avec des champs-contrechamps. Mais c’est bel et bien par le réalisme de la relation de Gus et Mickey. Car toute personne ayant déjà été en couple se retrouvera soit dans le personnage de Paul Rust, soit dans le personnage de Gillian Jacobs. Nous nous retrouverons encore plus lors de leurs mésententes. En tant que garçon, je vous mentirais si je vous disais que je ne me suis pas identifié à Gus.

Combien de fois un mec va penser aider sa copine dans quelque chose alors qu’il ne fera qu’empirer la situation. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres dans la série. Gus est très bien écrit, de façon à ce nous puissions nous retrouver dans son comportement et sa vision de voir les relations de couple. Et quand je parlais d’écriture travaillée, citons l’exemple du dernier épisode, lorsque l’ex de Mickey la suit dans le parc. Il faut y voir Mickey qui refuse que son passé la rattrape pour qu’elle puisse profiter de son avenir avec ce cher Gus.

Si je devais faire un reproche à la série, je parlerais sûrement du fait que les épisodes sont parfois un peu trop dissociés les uns des autres. Car nous restons vraiment avec un découpage d’ambiance et de décor par épisode. Cela étant dit, votre plaisir n’en sera pas gâché pour autant.

Love transpire de réalisme et nous montre que la rencontre de notre vie ne sera pas chose facile. Mais la série nous fait garder espoir parce que quelque part, il y a quelqu’un qui est fait pour nous. Même si cette personne est loin d’être comme vous, c’est une bonne chose car c’est avec elle que vous irez partager des moments qui construiront vos souvenirs et vous permettront de tisser ce lien unique. Et la série vous donnera le sourire rien qu’en la visionnant.

Si vous avez donc une série à voir sur Netflix en ce moment, ce n’est pas Iron Fist mais bel et bien Love. Et vivement la saison 3 !