• Réalisé par : Gareth Edwards
  • Produit par : Kathleen Kennedy et Tony To
  • Distributeur : Walt Disney Studios Motion Pictures International
  • Genre : Space Opéra, Science-Fiction
  • Avec : Felicity Jones (Jyn Erso), Diego Luna (Capitaine Cassian Andor), Donnie Yen (Chirrut Îmwe), Jiang Wen (Baze Malbus), Riz Ahmed (Bodhi Rook), Forest Whitaker (Saw Gerrera), Ben Mendelsohn (Directeur Orson Krennic), Mads Mikkelsen (Galen Erso) et Alan Tudyk (K-2SO)

Oui. Juste un grand oui à Gareth Edward et à son film. Rogue One marque le retour de la franchise Star Wars en grande pompe. J’avoue que je n’attendais pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout, de la part de Rogue One. Un scénario se basant sur le vol des plans de l’Étoile noire ne me donnait guère d’intérêt. Surtout après que j’ai vu le désastre Star Wars 7.

Pour revenir rapidement sur Star Wars 7, je considère ce film comme un naufrage cinématographique. Les acteurs sont aux fraises, en particulier Daisy Ridley et son regard de demeurée. Le scénario date de 1977. Mais encore cela ne me poserait pas de problème si le film respectait l’univers et la mythologie de Star Wars, car même l’épisode 1, aussi décevant soit-il, en respectait l’univers et l’enrichissait. Choses dont le film de J.J. Abrams se fout royalement : le sabre laser est devenu la baguette de Harry Potter, on utilise la Force comme on veut et on s’en tape qu’il faille des années d’entraînement pour en connaître tous les secrets, etc. Bref, le film a fait 2 milliards, mais bon ce n’est pas les résultats du box office qui font un bon film. Quelqu’un a dit Avatar ?

Mais revenons à ce qui nous intéresse ici, à savoir Rogue One. Comme je le disais, je n’attendais pas le film plus que ça. Mais j’ai été comblé à la sortie de la salle.

Le film prend son temps dans sa première partie afin de nous présenter ses personnages, mais également son contexte. Car même si nous, en tant que public, savons que le film se déroule avant l’épisode 4, on doit nous présenter un empire galactique pré-Étoile noire. Et cet empire nous est montré quelque peu fébrile face à un sénat toujours en activité même si l’empereur, qui n’est que cité dans ce film, possède les pleins pouvoirs (NDLR : le sénat sera dissous peu après le début des péripéties de l’épisode 4). La dernière partie du film est juste follement dantesque !

 I am one with the Force and the Force is with me.

Rogue One est marqué par la patte de Gareth Edwards. Le réalisateur nous offre des plans montrant alors la démesure de ce que l’on voit à l’écran. Edwards avait réalisé le film Godzilla sorti en 2014. Dans ce film, nous avions admiré une partie de sa réalisation, comme le plan où les parachutistes sautent de l’avion. La réalisation n’est pas sans faute, car elle vient de ces fameux reshoots mais cela rentrera dans ma partie concernant le montage du film. Je pointerai également le début du film et ses sauts de planète en planète. Qu’il est bon de voir différents mondes et planètes ! Car Star Wars c’est bien ça aussi, une découverte d’éco-systèmes tout aussi impensable qu’improbable.

Du côté du casting, nous avons en première ligne Felicity Jones, Diego Luna, Mads Mikkelsen, Donnie Yen aka Ip Man, Alan Tudik & Ben Mendelsohn en grand méchant du film. Aucun surjeu de la part des acteurs, tous donnent l’impression d’être dans leur rôle. Je donnerai une mention spéciale à Donnie Yen. Son personnage est à 100% un personnage de Star Wars.

C’est un ancien vestige de la grande époque Jedi. J’ai d’ailleurs cru pendant un moment qu’un ersatz de sabre laser allait sortir de son bâton lorsqu’il s’approchait de la console à actionner. Quand je dis un personnage à 100% Star Wars, c’est parce qu’il est un archétype de personnage, le vieux sage aveugle qui a bien connu la grande époque Jedi. L’ensemble des personnages de Star Wars sont des archétypes. Georges Lucas s’est grandement inspiré du livre Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell.

Quoi qu’il en soit, le casting est efficace et sans fausses notes. J’ai d’ailleurs pu découvrir pour la première fois à l’écran l’acteur Mads Mikkelsen que j’ai bien apprécié.

Montage et remontage

Ho mon dieu, ils ont fait des reshoots, DC devient comme Marvel. Wait, mauvais article. Ces fameux reshoots qui avaient fait peur à bon nombre de fans de Star Wars. Il est normal de faire des reshoots dans les grosses productions car il arrive que le film n’est pas celui que l’on espérait, ou alors que la vision du film change après qu’un premier jet soit monté. Rogue One a donc été un de ces films qui a subi un nouveau tournage et montage.

Dans son cas, il a été question de réécrire, semble t-il, la toute fin du film. Mais je me demande si la réécriture n’est pas aussi faite sur le personnage de Saw Gerrera, car bien qu’il ait changé de coupe de cheveux entre les plans de la bande-annonce et le film, j’ai senti que son personnage avait un plus grand rôle, peut-être même partir sur Scarif. Si vous voulez un aperçu de l’ensemble des scènes revues, Première a fait un très bon article dessus.

Concrètement, ces reshoots ne se font presque pas ressentir lors du visionnage du film. Je l’avais totalement oublié lorsque je l’ai vu. Mais, oui parce qu’il y a forcément un « mais », j’ai trouvé que certaines scènes arrivaient de but en blanc. Je pense par exemple à la scène où Bodhi Rook, le pilote de l’armée impériale rebellé, doit brancher un câble afin d’amplifier le signal.

Concernant les autres reshoots, je dois avouer que la scène avec le TIE Fighter aurait été plus intéressante pour moi. Mais malheureusement, c’est là où on sent que Disney a mis son doigt. Au lieu de ce que j’imaginais comme une scène entre Jyn et Krennic, ce dernier étant à l’intérieur du TIE, nous avons droit à une femme sauvée par son preux chevalier. Comment faire plus Disney que ça ? Mais ces reshoots ne gâchent pas la qualité du film et sont à peine visibles à l’écran.

Lucasfilm utilise le sceau de résurrection sur Peter Cushing et Carrie Fisher

Rapidement, je reviens sur la résurrection de l’acteur Peter Cushing par la magie de la CGI. La technique fait le travail, bien que l’on sente que ce n’est pas totalement encore au point pour son personnage. Par contre, j’ai été vraiment surpris par le réalisme de Leia.

Je me demande jusqu’à quel point allons-nous voir cette pratique au cinéma ? Car la technique va se perfectionner au fil des années. Jusqu’où ira t-on ? Mais pour Star Wars, le cas est un peu particulier parce que c’est Papy Lucas qui a ajouté une clause au contrat des acteurs, indiquant que l’image de leur personnage pourrait être utilisé comme Lucasfilm le voudrait.

We have hope. Rebellions are built on hope !

Est ce que Rogue One est un bon film ? Oui, il l’est. On a vraiment l’impression de voir un film dans son entièreté, à une époque où malheureusement nous avons beaucoup trop de films servant à nous annoncer le suivant. J’espère que Rogue One va permettre de prouver que l’on peut avoir des films matures dans le genre blockbuster chez Disney.

Est ce que Rogue One est un bon Star Wars ? Ho oui, il l’est. Car Rogue One ne tombe pas dans le fan service pur et dur où l’on nous demandait de voir l’éléphant dans le couloir, comme l’avait fait Star Wars 7. Gareth Edwards comprend que Star Wars, c’est des voyages cosmiques sur des planètes toutes plus différentes les unes que les autres. Le réalisateur comprend que Star Wars, c’est du dépaysement de ce que l’on a pu voir auparavant. Et le parfait exemple est le dernier acte de ce film se déroulant sur une planète au décor paradisiaque.

Pour terminer, je suis content de voir le retour de « l’esprit » Star Wars sur grand écran. De nouveaux éco-systèmes, de nouvelles cultures, en bref une nouvelle découverte de Star Wars qui est si riche à apprécier et à découvrir.

Je dédie cet article à Carrie Fisher qui nous a quittés au moment d’écrire cette critique.