• Série créée par  : Jonathan Nolan & Lisa Joy
  • Produit par : J. J. Abrams, Jerry Weintraub, Bryan Burk, Jonathan Nolan & Lisa Joy
  • Genre : Science Fiction / Western / Drame 
  • Chaîne d’origine : HBO (Home Box Office)

Synopsis : « Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant l’univers de l’Ouest américain du XIXe siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes », réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative. Les visiteurs, appelés « nouveaux venus », peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence. Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement. »


J’attaque le tout premier article de ce blog avec mon avis sur la première saison de Westworld. Alors Westworld, c’est quoi ? Certains pourront vous dire que c’est le nouveau Game of Thrones, la nouvelle série évènement qui permettra à HBO de continuer sa domination du petit écran. Et ils n’auront pas tout à fait tort, parce qu’avec J. J. Abrams et Jonathan Nolan à la barre, la série part déjà avec une production de bonne facture.

À l’écriture de la série, nous retrouvons Jonathan Nolan et sa femme Lisa Joy. Le frère du réalisateur de la trilogie du Dark Knight n’en est pas à son premier coup d’essai en terme d’écriture, car il a scénarisé la série Person of Interest et co-écrit avec son frère les films Interstellar et Le Prestige. Concernant sa femme, Westworld marque pour elle ses débuts dans l’industrie audio-visuelle. On pourrait avoir quelques hésitations quant à la qualité de la série, mais je ne doute pas que les différents scénarios sont supervisés par le plus chevronné des deux.


Avis Général


Si vous n’aimez pas le style western, cette série est faite pour vous. Et si vous n’aimez pas la science-fiction, cette série est également faite pour vous. Car c’est bien ici la force de la série. Cette dualité des genres permet d’en faire une approche fusionnelle entre les genres et se doter d’un fort potentiel pour les années à venir.

Mais analysons ce que nous a proposé HBO au cours de ces dix épisodes. Alors, est-ce que le pari est réussi dans son ensemble ? Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : oui, la série m’a conquis au cours de ces premiers épisodes, et ce, jusqu’à la conclusion du final. Et quel final !

Au cours de ces dix épisodes d’environ une heure (une heure trente pour l’épilogue), Westworld a réussi à mettre en place son univers de façon cohérente et fluide, malgré les va-et-vient entre les temporalités. La série prend son temps dans les premiers épisodes afin de poser les bases de son univers aux téléspectateurs. Le casting pourrait faire envier de nombreuses séries actuelles.

Anthony Hopkins, Ed Harris, James Marsden, Jeffrey Wright, voilà quelques noms connus, pour ne pas dire ultra connus pour certains, qui composent le casting de Westworld. Mais Westworld fait également la part belle aux nouveaux acteurs et actrices comme Thandie Newton (l’actrice sera à l’affiche du prochain film de Ben Affleck) ou Evan Rachel Wood interprétant un rôle central, celui de Dolores.

Mais ce que j’ai d’autant plus apprécié concerne l’approche d’une critique de notre monde actuel. Je me souviens d’une scène en particulier entre Ford et Bernard, lorsque ce dernier est conscient de sa condition d’hôte. Bernard avance le fait qu’il ne veut plus de sa condition d’hôte et qu’il désire pleinement vivre sa vie comme un être humain. Ce à quoi répond Ford que la vie d’un être humain est très similaire à la vie d’un hôte dans le parc. Nos journées se ressemblent toutes, nous démarrons notre système aux mêmes heures le matin. La frontière entre humains et hôtes n’est au final qu’infime. Il est peut-être trop tôt pour le dire ou pour y penser, mais Arnold a pu voir la diégèse Westworld comme une caricature de notre monde actuel. Et selon les informations que nous apporte la série, Arnold et Ford ont eu deux visions très différentes de l’utilisation du parc.

Mais je pointerai des défauts sur la construction de certaines histoires, comme celle de Maeve. Je ne remets pas en cause le fait qu’elle puisse se souvenir de cycles passés ou se rendre compte de sa condition d’hôte. C’est d’ailleurs expliqué dans le dernier épisode. Seulement, les défauts viennent selon moi du déroulement de son intrigue. J’ai du mal à accepter qu’elle arrive à convaincre des employés de la transformer en un hôte parfait, sans que personne de la supervision du parc ne s’en rende compte.

« The violent delights have violent ends »

Un autre détail qui a son importance est la révélation de l’identité d’Arnold. Bernard est donc un hôte à l’image d’Arnold. Je ne remets pas en cause la révélation, mais Arnold et Ford ont travaillé pendant un long moment sur le projet. Je ne peux pas croire que personne n’ait croisé Arnold ou même que personne n’ait une seule photo de lui ? On parle d’une personne très importante de cette entreprise. C’est pour cela que j’ai réagi de façon mitigée. J’ai apprécié la révélation car elle donne encore plus de profondeur au personnage de Bernard, mais il manquait un peu de subtilité sur cette révélation (ou alors plus d’informations).

Le dernier épisode a mis fin à toutes spéculations, si encore vous en aviez, sur la temporalité des scènes. William est donc l’homme en noir d’il y a trente ans. Et ce labyrinthe, ce fameux labyrinthe, n’est qu’au final qu’une arlésienne tant pour William que tout le monde. Car chaque personne qui entre dans le parc entre dans le labyrinthe de son esprit pour découvrir qui il est réellement.


Quelles directions pour la saison 2 ?


L’épilogue de cette première saison s’est terminé comme le final d’un feu d’artifice. Les producteurs nous ont réservé l’apothéose de chaque intrigue dans ce dernier épisode s’étalant sur 90 minutes.

Alors qu’attendre pour la prochaine saison qui semble t-il sortira en 2018 ? L’histoire se répète dans Westworld. Le parc à thème s’est modelé selon la vision de Ford quand l’un de ses deux créateurs est mort, à savoir Arnold, précédé d’un génocide. Cette fois-ci, il s’agira de la mort de Ford et de la boucherie lors de la présentation du dernier scénario. Mais sous la vision de qui le parc va t-il se modeler désormais ? Peut-être Bernard va t-il se retrouver à la tête du parc. Cela serait une approche des plus intéressantes car personne ne sait qu’il est un hôte.

Seule Maeve pourrait poser problème, mais cette dernière sera très certainement revenue dans le parc pour chercher sa fille. Je ne m’étonnerais pas de découvrir que toutes ses actions jusqu’à son faux départ ont été programmées. Mais qui a pu la programmer ainsi ? Je pense que cela pourrait être Arnold. Je suis d’accord qu’on ait vu Dolores tirer une balle sur Arnold. Mais si justement ce n’était qu’un robot à son image une fois encore ? Et si Arnold était bel et bien toujours en vie ? Je dois avouer que cette supposition pourrait être vraie.

Et pour terminer, notre couple de l’été 2016, Dolores et Teddy. Je n’ai pas d’idée sur ce qui pourrait leur arriver. Car  avec l’arrêt total du système, il n’y a aucun témoin pour prouver leur culpabilité dans l’exécution de la direction et des invités.

Il est temps de conclure ce tout premier article sur Over World. Vous l’aurez compris à la lecture ce papier, je suis conquis par Westworld. Les carcans d’une série HBO sont bien présents avec plusieurs épisodes d’exposition pour mieux amorcer les péripéties des personnages. Je regrette que certains acteurs ne reviendront pas, les noms de Hopkins et Harris m’avaient en partie poussés à regarder la série. Je ne doute pas que le casting sera renouvelé d’une belle manière. Vivement 2018 !

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