• Réalisé par : Zhang Yimou
  • Produit par : Legendary East, Atlas Entertainment, Kava Productions, Le Vision Pictures et China Film Group Corporation
  • Distributeur : Universal 
  • Genre : Aventure
  • Avec : Matt Damon (William Garrin), Jing Tian (Commandant Lin Meï), Pedro Pascal (Pero Tovar), Willem Dafoe (Ballard), Andy Lau (Strategist Wang).

Synopsis : Pendant le règne de la dynastie Song, de nombreux mystères entourent la Grande Muraille de Chine. Et elle est la seule protection contre une dangereuse menace…


La Grande Muraille, une des premières grosses productions d’Hollyweed (J’ai beaucoup aimé cette blague) et de l’Empire du Milieu, ne va pas vraiment faire parler d’elle en bien. La Grande Muraille nous narre l’histoire de Jason Bourne et Oberyn Martell partis tous deux à la recherche de la poudre noire en terre chinoise. Cette quête les mènera jusqu’à la muraille de Chine. Ils se sentiront alors impliqués dans une lutte entre le peuple chinois et des monstres extra-terrestres. Car la muraille, dans le film, a été faite pour empêcher que le monde ne soit envahi par une horde de monstres. J’ose à peine imaginer qu’un certain nombre de personnes va vraiment y croire et se laisser penser que la muraille a servi à cela.

Et concernant cette histoire et ce film, et bien, cela sera pour moi difficile de vraiment défendre cette co-production sino-américaine. Non pas que le film soit réellement mauvais du début à la fin, mais c’est un pur produit blockbuster trop assumé. Et cela se ressent beaucoup trop. Je dirai que Matt Damon et Pedro Pascal ne s’embêtent pas dans leur jeu d’acteur et font le minimum. Sur le reste du casting, je ne peux pas me prononcer car il s’agit d’acteurs chinois que je ne connaissais pas. Mais ils paraissaient bien plus investis que les deux acteurs occidentaux.

Quant à l’histoire, c’est 2 heures de bataille. On ne retrouve pas vraiment le découpage en trois actes. Le film commence et enchaîne très rapidement sur l’invasion des Tao Tei (il s’agit du nom des monstres dans le film). Et il se termine en moins de 10 minutes une fois la menace éradiquée.

Alors on accumule les clichés de film de divertissement tout au long de ce métrage. Cela va de l’ancien bandit, en l’occurence Matt Damon, qui se trouve une rédemption grâce au joli minois de la commandante, jusqu’au plan final où avec sa dernière flèche, le héros réalise l’impossible. Il n’y a pas grand chose à spoiler en tant que tel dans l’histoire. Vous n’y verrez rien de surprenant car les rebondissements se voient venir longtemps à l’avance. Tel objet sera utilisé pour telle scène, nous parlerons du fusil de Tchekhov.

Les seules choses qui sauveront le film sont les chorégraphies et les couleurs. C’est d’ailleurs là que l’on ressent la touche de l’Empire du Milieu dans cette production. Les chorégraphies sont très bien dirigées et donnent une certaine légèreté au film. Et les couleurs, ces couleurs ! Que c’est beau ! Autant si je peux émettre des réserves sur le film dans sa globalité, il est clair que les couleurs sont très travaillées pour donner de l’élégance au film. La photographie du film n’en est que plus belle.

Bonjour, je m’appelle Williem Dafoe, je m’ennuie et je suis perdu

Alors, c’est pour moi la grosse blague du film et je tenais à en parler. Je n’ai rien contre Williem Dafoe, mais il ne sert à rien dans le film. Et encore ce n’est pas parce qu’il a un rôle dont les répercussions de ses actions sont mineures. C’est simplement qu’il n’est à l’origine d’aucunes action importante pour l’avancement du film. Je ne sais pas si l’acteur et le réalisateur sont super potes et s’il se faisait chier ce jour-là, mais qu’il soit dans le film ou non, l’histoire principale se serait déroulée pareil. Il n’est là que pour développer une sous-intrigue secondaire voire tertiaire à l’histoire principale. Que faisais-tu Williem ? Tu tuais le temps en attendant le tournage de Justice League ?

C’est quoi la suite pour ces super-productions sino-américaines ?

Il y a quelques mois, l’acquisition de Legendary Pictures ainsi que la vente de la branche AMC Cinema du groupe AMC au conglomérat Wanda Group n’ont pas été vues d’un bon œil. En effet, la passation sous juron chinois de certaines compagnies liées à l’industrie du cinéma ne semble pas plaire à certains membres du congrès américain, comme l’atteste la lettre du républicain John Culberson demandant une régulation et une limitation de ces achats.

En effet, on peut se questionner sur ces nouvelles pratiques chinoises qui tendent à vouloir acquérir de plus en plus d’entités du cinéma américain. La Chine acquiert donc de plus en plus de structures hollywoodiennes et commence à se lancer dans des super productions à l’internationale. Alors qu’avant, ses films se limitaient à son seul territoire. Ceci dit, le spectateur lambda ne s’occupe pas de l’industrie cinématographique. Lorsqu’il verra Matt Damon en tête d’affiche et le logo d’Universal en tout début de film, il ne pensera pas un instant qu’il s’agit d’une production chinoise. Mais le logo d’Universal n’est que présent car il est le distributeur du film.

Je dirai que tant que l’omnipotence de la Chine ne grandit pas de façon exponentielle et ne rachète pas à tout va, je ne me ferai pas de soucis. Mais il est vrai qu’il faut faire attention car sans rentrer dans une parano, la Chine aime véhiculer des messages politiques. Il ne faudrait pas que le cinéma se retrouve comme une arme avec laquelle se sert l’empire du milieu afin de véhiculer ses messages.

La Grande Muraile ou 長城 dans son titre chinois sera certainement une des premières super productions internationales que nous propose la Chine en partenariat avec Hollywood. Après le succès immense du film Warcraft au pays de Xi Jinping, La Grande Muraille marque le pas d’une nouvelle étape du cinéma de divertissement mais tombe malheureusement dans de trop gros clichés de blockbuster.

Ce qui fait du film de Zhang Yimou un métrage qu’il sera préférable de regarder chez soi en n’attendant pas grand-chose. Parce que même s’il s’agit de blockbuster, un certain George Miller nous a montré il y a deux ans qu’on pouvait réinviter les codes et faire un film magnifique.